[Consultation publique] Nouvel arrêté de déterrage des blaireaux ! (jusqu’au 26/04)

Actuellement, un projet d’arrêté préfectoral relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2022-2023 dans le département du Lot autoriserait une période complémentaire de la vénerie sous terre du blaireau du 1er juillet jusqu’à l’ouverture générale de la chasse.

Animal sédentaire et essentiellement nocturne, le Blaireau vit en groupe familial dans des terriers qu’il creuse et fréquente principalement les bois de feuillus. Il est omnivore et opportuniste.
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Victimes de l’empoisonnement à la strychnine ou du gazage des terriers, du début des années 1970 à la fin des années 1980, lors des campagnes de destruction des renards censées lutter contre la rage, les populations de blaireaux restent fragiles et leur dynamique est particulièrement lente. Ces populations souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, bosquets, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier. De plus la dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an) et la mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année).

Cette période complémentaire de vénerie sous terre du Blaireau est totalement injustifiée et illégale. En effet, elle est susceptible de porter atteinte à la survie des blaireautins qui ne sont pas tous émancipés au mois de juillet. Au cours de cette chasse, les jeunes blaireaux sont tués soit directement, soit indirectement par la mort de leur mère dont ils dépendent jusqu’au sevrage. Même sevrés, les jeunes blaireaux sont encore dépendant des parents et leur destruction pourrait compromettre la réussite de la reproduction alors que cette espèce n’est jamais abondante et déjà fortement impactée par une mortalité importante consécutive aux nombreuses collisions routières.

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Par ailleurs, aucun dégât associé à cette espèce ne permet de justifier en l’état la nécessité d’une telle période complémentaire. Et si des dégâts, toujours très localisés, pouvaient survenir, il serait toujours possible de trouver des solutions de cohabitation ou d’éloignement, à l’instar de ce qui se pratique en Alsace ou à l’étranger. L’installation par exemple d’un fil électrique ou l’utilisation d’un produit répulsif sont des mesures préventives efficaces comme cela est prouvé dans les département où celui-ci n’est plus chassable (Alsace). Certains départements n’autorisent plus la période complémentaire du blaireau, et notamment les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de l’Aude, des Bouches-du-Rhône (depuis 2016), de la Côte d’Or (depuis 2015), de l’Hérault (depuis 2014), du Var, du Vaucluse, des Vosges, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. A quand le Lot ?

Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau européen est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

Faites valoir votre voix pour empêcher cette période complémentaire de vénerie !
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Publié le : mercredi 20 avril 2022