Epidémie chez les mésanges : ouvrez l’oeil

Les premiers cas ont été notés vers le 11 mars 2020 en Allemagne. Depuis l’épidémie ne cesse de progresser et vient de s’accélérer. En effet, les notifications d’oiseaux malades et morts au NABU en Allemagne (via formulaire électronique) continuent de grimper. Elles passent ainsi d’un total de 8000 entre le mois de mars et Pâques à 15000 le 15 avril et 26000 le 21 avril.

Parallèlement à l’augmentation du nombre de cas, on constate que l’épidémie s’étend. Il y a des cas confirmés en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg.

JPEG - 18.9 koUne mésange bleue montrant les symptômes de la maladie avec des plumes de tête manquantes, le bec ouvert et les yeux fermés (Otto Schäfer / NABU).

L’agent pathogène responsable est Suttonella ornithocola.
C’est une bactérie découverte et impliquée dans des mortalités de mésanges depuis 1996 au Royaume-Uni. Sa description formelle remonte à 2005. Cette bactérie avait récemment été identifiée comme pathogène responsable d’un petit épisode de mortalité de mésange en Allemagne au printemps 2018…
L’infection entraîne des symptômes et une maladie de type pneumonie… Les oiseaux atteints restent assis apathiquement avec leurs plumes gonflées, ne tentant pas d’échapper aux personnes qui s’approchent, ils n’arrivent plus à s’alimenter, éprouvent des difficultés respiratoires et présentent souvent des atteintes oculaires puis meurent peu de temps après.
S. ornithocola affecte presque exclusivement les mésanges bleues, toutefois les mésanges nonnettes, boréales, noires, huppées et longues-queues sont également potentiellement susceptibles d’être touchées. Les charbonnières quant à elles semblent nettement moins sensibles.
Cette bactérie n’est apparemment pas pathogène pour l’homme et les animaux de compagnie… Toutefois en ces temps de pandémie, il est toujours préférable de réduire les risques.

Afin de limiter la transmission, il faut éviter les rassemblements et il est donc impératif d’enlever les mangeoires (ce qui d’ailleurs devrait déjà être fait à cette date) ; les abreuvoirs peuvent être conservés à condition de changer l’eau et de les nettoyer très régulièrement.

Gardez un oeil sur vos mésanges… Et n’hésitez pas à noter vos observations d’oiseaux morts et symptômatiques sur Faune Nord Midi-Pyrénées en attendant les directives du CRBPO (Muséum national d’histoire naturelle) et du SAGIR (réseau de surveillance sanitaire de la faune sauvage) pour les leur faire remonter.


Publié le : lundi 15 juin 2020