Nouvel arrêté de déterrage des blaireaux ! (consultation publique)

Actuellement, un projet d’arrêté préfectoral relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2020-2021 dans le département du Lot autoriserait une période complémentaire de la vénerie sous terre du blaireau d’une part du 1er juillet jusqu’à l’ouverture générale de la chasse et d’autre part du 15 mai au 30 juin 2021, et ce notamment durant la période de sevrage des jeunes blaireaux. La période complémentaire de la vénerie sous terre du blaireau est ainsi reconduite, et qui plus est, cet exercice de la vénerie sous terre du blaireau n’est pas assorti d’une obligation de déclaration d’intervention ET d’un compte rendu d’intervention, ni d’un bilan des prélèvements de blaireaux auprès de la Direction départementale des territoires du Lot.

Animal sédentaire et essentiellement nocturne, le Blaireau vit en groupe familial dans des terriers qu’il creuse et fréquente principalement les bois de feuillus. Il est omnivore et opportuniste.

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Victimes de l’empoisonnement à la strychnine ou du gazage des terriers, du début des années 1970 à la fin des années 1980, lors des campagnes de destruction des renards censées lutter contre la rage, les populations de blaireaux restent fragiles et leur dynamique est particulièrement lente. Ces populations souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, bosquets, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

Cette période complémentaire de vénerie sous terre du Blaireau est totalement injustifiée et illégale. En effet, elle est susceptible de porter atteinte à la survie des blaireautins qui ne sont pas tous émancipés le 15 mai et parfois même encore au mois de juillet. Au cours de cette chasse, les jeunes blaireaux sont tués soit directement, soit indirectement par la mort de leur mère dont ils dépendent jusqu’au sevrage.

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Par ailleurs, aucun dégât associé à cette espèce ne permet de justifier en l’état la nécessité d’une telle période complémentaire. Et si des dégâts, toujours très localisés, pouvaient survenir, il serait toujours possible de trouver des solutions de cohabitation ou d’éloignement, à l’instar de ce qui se pratique en Alsace ou à l’étranger. L’installation par exemple d’un fil électrique ou l’utilisation d’un produit répulsif sont des mesures préventives efficaces comme cela est prouvé dans les département où celui-ci n’est plus chassable (Alsace).

Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau européen est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

La vénerie sous terre du blaireau, qu’est-ce donc ?

Avant de l’en extraire au moyen de pinces, le blaireau, harcelé au fond d’une galerie du terrier plusieurs heures durant par les chiens, est apeuré et stressé le temps de creuser une tranchée à l’aplomb à l’aide de pelles et pioches. L’exercice de la vénerie sous terre du blaireau déstructure le groupe familial et endommage le terrier au point de le rendre inhabitable, alors que celui-ci sert également de gîte à part entière pour d’autres espèces cohabitantes, le Renard roux, le Lapin de garenne, la Martre des pins, etc.

L’ASPAS avait réalisé en 2018 une vidéo explicative de cette pratique disponible ici - Âme sensible s’abstenir.
(Cliquez sur le lien et non sur l’image pour accéder à la vidéo)
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Faites valoir votre parole et votre désaccord sur le site de consultation publique
https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/2020/05/10/lot-jusquau-19-mai-2020-inclus-consultation-publique-sur-la-periode-complementaire-de-venerie-sous-terre-du-blaireau/

(même si la date est dépassée, continuez d’y répondre pour montrer votre opposition à ce projet !)


Publié le : mercredi 20 mai 2020