Sortie chenilles à Catus

Nous étions 15 adultes et 7 enfants pour cette sortie dans le beau jardin de Michel et Brigitte à Catus. Grâce à l’œil attentif des enfants, nous avons pu voir 22 espèces de papillons diurne et nocturne, dont 19 en état de chenille. Il y avait également beaucoup de chenilles de papillons micros, pas encore identifiés, des larves de guêpes et d’autres insectes comme des coccinelles, des coléoptères, un ascalaphe soufré et une empuse pennée.

Les chenilles étaient dans le premier ou deuxième stade de leur développement, considérablement moins grandes que l’année dernière quand on avait fait la même sortie qu’un jour plus tard, le 9 mai. En cette période de printemps les oiseaux font leurs nids, les chenilles sont importantes pour nourrir les jeunes. On voit qu’il y a certaines chenilles qui sont toutes les années très fréquentes dans la nature et qui sont donc indispensables dans la chaîne alimentaire. La présence de certaines espèces est variable selon les années et ça veut dire que les oiseaux ne peuvent pas compter dessus.

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Parmi toutes les chenilles observées, nous avons vu au moins 15 chenilles de Bombyx disparates (Lymantria dispar).
Cette espèce a une mauvaise réputation à cause des explosions de populations localement qui entraînent la disparition de toutes les feuilles des arbres (surtout chênes) dans une zone. Si les arbres meurent, c’est surtout parce qu’ils sont affaiblis par des sécheresses consécutives. L’espèce est indigène et présente partout. Les oiseaux comptent là-dessus pour nourrir leurs jeunes.
Le papillon vole en été.

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Dans le jardin de Michel et Brigitte il y avait 3 chenilles Grandes Tortues (Nymphalis polychloros) en stade avancé et chez Tineke il y avait encore un nid grégaire avec environ 50 chenilles en tout. L’imago naît en fin de printemps, se cache pendant l’hiver et pond sur les arbres fruitiers quand ils sont en fleurs l’année suivante. Les chenilles naissent quand les feuilles arrivent. Il n’y a pas plus de 100 chenilles par nid. Les chenilles sont souvent découvertes au moment où elles sont à terme et éliminées alors qu’elles allaient se transformer en papillon. Le papillon a connu un grand déclin, mais profite actuellement des jardins avec une gestion naturelle.

Nous avons aussi vu une chenille Mélitée des centaurées (Melitaea phoebe). Sur la plante sauvage Centaurée jacée, on a trouvé une chenille Mélitée orangée (Melitaea didyma) qui est polyphage. En photo, un accouplement de cette espèce. Et il y avait deux chenilles Melitaea indéterminées (Melitaea sp) qui aiment les plantes de la famille des Véronique. La chenille est probablement Mélitée des mélampyres (Melitaea athalia), mais c’est impossible d’en être sûr. Par contre la chrysalide, trouvée dans le jardin de Michel et Brigitte, est bien de Mélitée Athalia.

Ces chenilles peuvent déjà être découvertes à partir de fin janvier. Les chenilles passent l’hiver de façon grégaire dans un nid de soie au pied de leur plante hôte. Dès les beaux jours, elles commencent à sortir. Nous n’avons pas vu la Mélitée du plantain, une chenille noire avec une tête rouge, une espèce qui était très fréquente et dont on reçoit de moins en mois d’observations.

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De nombreuses autres espèces ont été observées. Un compte-rendu complet et illustré a été envoyé à tous les participants.

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Merci à Tineke et Catherine pour cette sortie et le compte-rendu. Si vous avez des chenilles a identifié, n’hésitez pas à les contacter.


Publié le : jeudi 19 mai 2022