Compte-rendu proposé par Tineke Aarts
La sortie nocturne consacrée aux amphibiens, organisée le 28 février au Jardin Bourian, affichait complet. Et à notre grande surprise, le public venu participer était particulièrement varié. Quatre étudiants en sciences naturelles avaient fait le déplacement depuis Poitiers – trois heures de route ! – pour ne pas manquer l’événement. Une participante était venue de Martel, et plusieurs familles avec de jeunes enfants avaient également répondu présentes.
La soirée a commencé dans la Maison de la Nature. Nous y avons présenté les habitants de la mare : leurs mœurs, leurs comportements et surtout les meilleurs moments pour les observer. Car, chez les amphibiens, tout est étroitement lié au cycle de reproduction : c’est à cette période que l’activité est la plus intense… et que les observations sont les plus passionnantes. Puis, chacun muni d’une lampe torche ou d’une lampe frontale, nous sommes partis explorer la mare. La météo était idéale : une nuit douce, légèrement humide, exactement ce qu’aiment les amphibiens.
Depuis 2015, nous réalisons un comptage annuel des amphibiens au Jardin Bourian, initialement dans le cadre du programme "Observatoire des amphibiens du Lot" coordonnée dès 2013 par la délégation lotoise de la LPO Occitanie (anciennement LPO Lot) et poursuivie depuis. Cette année encore les habitants habituels étaient au rendez-vous. Dans l’eau, nous avons observé des larves de salamandre tachetée, de nombreux tritons palmés, trois tritons marbrés, ainsi qu’une grenouille verte et une grenouille agile.
Comme certains participants avaient parcouru une longue distance, nous avons proposé de prolonger la soirée par une petite prospection autour du plan d’eau situé à une centaine de mètres du jardin. Sur le chemin, près de la bordure à papillons, un crapaud nous attendait… puis une rencontre beaucoup plus surprenante.
Comme certains participants avaient parcouru une longue distance, nous avons proposé de prolonger la soirée par une petite prospection autour du plan d’eau situé à une centaine de mètres du jardin. Sur le chemin, près de la bordure à papillons, un crapaud nous attendait… puis une rencontre beaucoup plus surprenante.
Au bord du sentier, nous avons découvert une salamandre vraiment étonnante : d’un jaune si vif qu’on aurait presque cru à un jouet en plastique oublié par un enfant ! Mais l’animal était bien vivant. Nous attendons encore confirmation, mais il pourrait s’agir de Salamandra salamandra fastuosa, une sous-espèce habituellement présente dans les Pyrénées-Orientales*. Si cela se confirme, cette salamandre aura parcouru un long chemin avant de venir explorer le Jardin Bourian !
Arrivés au plan d’eau, la soirée s’est poursuivie avec d’autres observations : plusieurs crapauds, dont malheureusement un noyé, et des grenouilles rieuses. Et comme si cela ne suffisait pas, un ragondin est venu nager tout près de nous.
Entre amphibiens, mammifère surprise et ambiance nocturne, la soirée fut riche en découvertes. Les participants sont repartis ravis… et les yeux encore pleins de cette vie discrète qui s’anime autour des mares dès la tombée de la nuit.
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Une étude menée par la Société herpétologique de France et plusieurs laboratoires révèle que la sous-espèce dite « fastueuse » de la Salamandre tachetée serait bien plus répandue dans le sud-ouest de la France qu’on ne le pensait jusqu’ici. Jusqu’à présent, on considérait que deux sous-espèces de Salamandre tachetée (Salamandra salamandra) cohabitaient dans le sud-ouest de la France.
- La première, la salamandre « fastueuse » (Salamandra salamandra fastuosa), était surtout signalée dans les Pyrénées occidentales. Elle se reconnaît généralement à ses larges bandes dorsales jaunes continues.
- La seconde, la salamandre « terrestre » (Salamandra salamandra terrestris), était réputée occuper le reste du territoire, avec une robe marquée de taches jaunes plus irrégulières.